mardi 4 mars 2014

La montagne.

C’était un monde réticent à quitter son passé.
 Le bois et la pierre avaient gardé l’odeur des casseroles en fer-blanc, le hoquet de la hache, la chanson du feu contrarié pendant les nuits de tempête.
La lecture d’un livre n’était jamais solitaire : le soleil refroidissait derrière la voie lactée mais le soupir de la lampe à gaz nous rassurait. Son complice la souris du grenier, qui ne manquait pas de courir la vie dès les premiers rayons.

Pouvez-vous imaginer ce que signifie marcher pieds nus sur une mer de grillons, lichens, falaises d’avalanches. Mélèzes et framboises, rêver des edelweiss ou bien compter les étoiles filantes sur le toit du monde… Un monde de patience construit par je ne sais quel arrière-grand-père.
 Un monde de souvenirs verts, les mois passés à attendre que la neige nous rende nos désirs tel un dragon jaloux. La terre tourne, la lune s’effrite et le temps aussi. Mais pas là-haut. Là où la cheminée de la jeunesse ne se rendra jamais.

















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